Entretien croisé - Simon Proust x Julie Hardelin
Entretien croisé - Simon Proust x Julie Hardelin

Les Ondes plurielles ont eu la chance de préparer les concerts Haydn lors d’une résidence à Tours avec Simon Proust et la violoniste Julie Hardelin.
Pourquoi proposer ces symphonies de jeunesse de Haydn, « Le Matin », « Le Midi » et « Le Soir » ?
Simon Proust : Jouer cette trilogie en un concert était un rêve. Haydn a pensé ces pièces comme un cycle et je les perçois comme une grande symphonie ou un opéra en trois actes. J’ai à cœur de réhabiliter Haydn et de lui rendre justice. Il a mauvaise presse ! Moi-même pendant 20 ans, ses œuvres ne me parlaient pas. Mais j’ai été ébloui lorsque j’ai découvert les interprétations sur instruments d’époque ou historiquement informées, qui soulignent le caractère dramatique de ces œuvres. On n’en a jamais fait le tour. Tout l’enjeu est d’insuffler le sens du théâtre.
Julie Hardelin : C’est toujours intéressant pour un orchestre comme les Ondes plurielles, qui interprète beaucoup de répertoire romantique et moderne, de revenir à la source de la symphonie. En outre, ces pièces offrent de nombreuses parties solistes qui permettent aux différents musiciens d’exprimer leur personnalité musicale, individuellement et dans le collectif.
L’esthétique classique est vraiment l’une de mes préférées. Lorsque je travaillais six heures par jour mon instrument, venait toujours un moment où je lançais un opéra de Mozart dans mes écouteurs pour jouer la partie de violon 2 !
Ce répertoire laisse très libre. Il y a une spontanéité à trouver et à communiquer au public. Aucun concert ne sera pareil !
Dans quel contexte ont été écrites ces symphonies ?
S. P. : Haydn les a écrites en 1761, au début de sa période de vie sous l’égide des princes hongrois Esterházy. Mozart a cinq ans. C’est une époque où la forme de la symphonie, avec ses règles et ses articulations et coups d’archet communs, commence à se fixer. Avant existait un mélange des genres entre la suite de danses, la sinfonia, qui servait d’ouverture aux opéras, le concerto grosso… La 6e symphonie garde cette trace du baroque, avec des solistes qui ont une grande liberté dans l’ornementation. Les 7e et 8e symphonies sont déjà plus écrites. Toutes comportent un menuet au troisième mouvement et une forme en quatre mouvements. Mais l’esthétique est plus libre qu’elle ne le sera vingt ans plus tard !
D’où vient votre complicité avec Julie ?
S. P. : C’était il y a une dizaine d’années, avec l’ensemble Cartésixte (fondé par Simon en 2011 à Tours, ndlr). Nous cherchions une cheffe d’attaque des violons 2 pour Roméo et Juliette de Berlioz. La violon solo m’a suggéré Julie : « tu vas voir, c’est une tornade ». Je l’ai entendue répéter dans une salle du conservatoire : c’était littéralement une géniale tornade ! Après plusieurs projets à Cartésixte, nous nous sommes retrouvés aux Siècles. Lors de ma première répétition, la présence de cette tornade bienveillante dans les violons 2 m’a rassuré !
Odyssée symphonique
Odyssée symphonique
Richard STRAUSS Une vie de héros
Bedřich SMETANA Vltava (La Moldau)
Gabriel PHILIPPOT · Direction
Lieux des concerts
Église Saint-Marcel
82 bd de l’Hôpital
75013 Paris
Danzas del Sol
Danzas del Sol
Maurice RAVEL Alborada del Gracioso
Manuel de FALLA Danse de la Meunière
Claude DEBUSSY Iberia
Astor PIAZZOLLA Concerto pour bandonéon « Aconcagua »
Christophe MANGOU · Direction
Philippe de EZCURRA · Bandonéon
Lieux des concerts
Église Saint-Marcel
82 bd de l’Hôpital
75013 Paris
Festival « l’aria di a sarra » 2025

Ondes plurielles en Corse
Collaboration dans le cadre du 6è festival « l’Aria Di A sarra » à Serra di Ferro (Corse du Sud)
Romain Dumas – Concerto pour accordéon
Ludwig van Beethoven – Symphonie n°7
Eduard Strauss – Carmen-Quadrille
Concert-hommage à Petru Guelfucci
Concerts de musique de chambre
Romain Dumas – Direction
Félicien Brut – Accordéon
du 19 au 26 juillet
Informations pratiques
Espace Jean Marc Fiamma
20140 Serra di Ferro
Matin Midi Soir
Matin, Midi, Soir
Joseph HAYDN
Simon Proust · Direction
Julie Hardelin · Violon solo
En partenariat avec le festival des Fièvres Musicales 2025

Lieux des concerts
Église Notre-Dame-du-Travail
59 Rue Vercingétorix
75014 Paris
Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière
83 Boulevard de l’Hôpital
75013 Paris
Entretien croisé entre Raphaël Schwab et Julien Soro
Entretien croisé entre Raphaël Schwab et Julien Soro

Quelle est l’origine du projet ?
Julien Soro (J.S.) : Une histoire de rencontre ! L’un des fondateurs des Ondes plurielles, le violoncelliste Olivier Moulin, et moi, étions ensemble au lycée Racine à Paris en classes à horaires aménagés. Nous sommes encore amis et même voisins, il suit mes concerts de jazz et de musique contemporaine et a eu l’idée de proposer à l’orchestre un projet croisé entre jazz et symphonique. J’ai tout de suite pensé à Raphaël Schwab avec qui je travaille en duo depuis 2011 ainsi qu’à Rafaël Koerner avec qui on a joué dans le groupe Ping Machine et à l’Orchestre national de jazz.
Comment as-tu appréhendé la composition de ces œuvres de « jazz symphonique » ?
Raphaël Schwab (R.S.) : C’est sûrement le programme le plus long et le plus personnel que j’ai composé pour orchestre. On pourra reconnaître des œuvres qu’on joue depuis 15 ans en duo et qui sont sur notre premier disque, composées il y a 25 ans…
Pour autant, du duo à l’orchestre, cela n’a rien à voir. J’ai pensé ce projet comme des compositions nouvelles, pas du tout comme des arrangements. En duo, le thème est un prétexte à l’improvisation. Pour une grande formation, il faut davantage réfléchir à l’architecture.
J.S. : Du duo au sympho, je retrouve des similarités dans mes parties de soliste, et pourtant, j’ai l’impression d’avoir une plus grande liberté en orchestre. Peut-être parce qu’en duo, on est chacun responsable d’équilibres plus fragiles !
Faire improviser et groover des musiciens classiques, un défi ?
R.S. : Plus l’orchestre est grand, plus les parties doivent être écrites. Mais j’ai tout de même prévu quelques cellules mélodiques ou rythmiques d’improvisation ! Cela reste un sacré défi de faire groover des musiciens classiques, en raison des cultures différentes, mais aussi de l’effet de masse et des distances entre les instrumentistes et le chef. Je me suis amusé à essayer des parties très big bang et syncopées, même dans les cordes. C’est peut-être impossible à mettre en place, mais ce sera rigolo !





















