Entretien croisé - les Ondes plurielles et La Banda de Música

Isabelle de Boves
Présidente de La Banda de Musica, Commandant de Bord AF

Isabelle de Boves, présidente de La Banda de Musica
Les Ondes plurielles placent l’année 2020 sous le signe de la solidarité. En juin, elles donneront le concerto pour violon de Schumann et la 2ème symphonie de Brahms, au profit de la Banda de Musica, une association fondée par Isabelle de Boves, pilote de ligne à Air France. Interview croisée avec Isabelle de Boves, pilote et choriste, Air France et Alice Courchay, présidente des Ondes plurielles

Pourquoi les Ondes plurielles s’ouvrent-elles à des projets solidaires ?

Alice Courchay : dès la création de l’association, nous souhaitions développer de tels projets. Mais nous ne voulions pas soutenir n’importe quelle cause. Nous misons davantage sur les rencontres et les énergies qui se déploient en commun. Les premières propositions sont arrivées fin 2019, si bien qu’en 2020, nous sommes engagés dans trois projets. En janvier, les violoncellistes des Ondes plurielles ont joué au profit de la Ligue contre le cancer à Palaiseau. Toute l’année, les musiciens donneront des concerts dans des lieux de soins grâce à la résidence Culture & hôpital. Et en juin, nous aurons le plaisir de jouer au profit de La Banda de Musica sous la baguette de Victor Julien-Laferrière, grâce à qui nous nous sommes rencontrées !

Qu’est-ce que la Banda de Musica ?

Isabelle de Boves :  c’est une association française qui aide des enfants au Mexique à travers la musique. C’est encore une rencontre qui est à l’origine de ce projet. Celle que j’ai faite avec des enfants dans un bidonville de Oaxaca (sud du Mexique), l’hiver 2011, alors que je rendais visite à l’une de mes tantes, une religieuse dévouée à la cause des plus vulnérables dont elle partage la vie. Cela faisait six mois qu’ils se retrouvaient chaque jour autour d’un professeur de solfège. Ils voulaient sortir de la violence et de la pauvreté de leur quartier en montant una banda, une fanfare. Chacun savait quel instrument il voulait jouer.

Je suis repartie en France avec une liste d’instruments, intitulée « la Banda de Musica » – d’où le nom de l’association. Deux mois plus tard nous avions réuni une vingtaine d’instruments que nous avons réussi à acheminer jusqu’à Oaxaca, grâce à la solidarité et un peu de malice.

Puis des instrumentistes de passage dans la région ont voulu enseigner le violon et le violoncelle, un orchestre symphonique a vu le jour. De jeunes mexicains sont venus se former à la lutherie en France et en Belgique. L’école de musique a grandi (140 élèves !) et est devenue un projet de quartier, une fierté d’Oaxaca. Elle est gérée par les parents. Nous tenions à ce que le projet soit autonome et ne dépende plus de nous.

Qu’espérez-vous à l’avenir ?

Nous souhaitons développer au Mexique nos ateliers de lutherie pour les cordes et les vents, et former les professeurs de demain.
L’école doit pouvoir tourner sans nous. L’association a désormais vocation à soutenir des échanges entre les musiciens, des voyages d’études des jeunes mexicains, des master classes d’artiste.
Pour ce faire, les concerts caritatifs nous semblent une bonne opportunité, car ils reposent sur le cœur et la solidarité. L’intention doit accompagner le don, cela fait partie de l’amour qui va vers les enfants.

Alice Courchay : au-delà du concert de cette année, les Ondes plurielles accueilleront avec plaisir de jeunes musiciens mexicains dans leurs sessions d’orchestre, si l’occasion se présente !